Dominante : chaleur et humidité constantes ou presque toute l’année.
Localisation : distribution zonale, centrée sur l’équateur, avec trois pôles principaux : Amazonie, Afrique (Guinée-Liberia, et Afrique Centrale), Insulinde. En vert foncé sur la carte.
Une journée « normale » se déroule souvent comme suit : ciel clair le matin, puis la convection diurne liée au réchauffement important de la surface du sol, et favorisée par la forte humidité de l’air (plus instable lorsqu’il est saturé en vapeur d’eau) produit des mouvement ascendants de l’air. Les cumulus se développent, atteignent souvent le stade de cumulonimbus, et le ciel est couvert à mi-journée. La pluie, accompagnée d’orages tombe durant l’après-midi, jusqu’en soirée.
Douala (Cameroun), 4°N, 2m ; (1936-1960). Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 27,1 | 27,4 | 27,4 | 27,3 | 26,9 | 26,1 | 24,8 | 24,7 | 25,4 | 25,9 | 26,5 | 27,0 | 26,4 |
| 61 | 88 | 226 | 240 | 353 | 472 | 710 | 726 | 628 | 399 | 146 | 60 | 4109 |
Les fortes températures autorisent l’air à se charger de grandes
quantités de vapeur d’eau puisque la source est en principe abondante
(océan, ou forêt transpirant).
Les intensités peuvent être fortes,
d’où une puissance érosive certaine, mais le fort recouvrement du sol
par la végétation tend à protéger celui-ci de l’érosion. Par contre,
les sols parfois très imbibés sont fréquemment affectés par des
glissements de masse, de la solifluxion.
Dominante : On passe de 2 à 1 maximum pluviométrique, estival, et une saison sèche apparaît nettement, en hiver. Plus on se rapproche des tropiques, plus sa durée augmente.
Localisation : vaste domaine, compris entre les régions équatoriales bien arrosées toute l’année et la steppe, semi-aride. Milieux de forêt (devenant de plus en plus claire avec la sécheresse), et de savanes, en périphérie nord et sud du climat équatorial, et en Asie des Moussons.
La saison sèche devient nette, obligeant la végétation (y compris la forêt) à s’adapter au manque d’eau. Centrée sur l’hiver, sa durée s’accroît aux dépends du printemps et de l’automne quand on se dirige vers les tropiques. L’hiver est donc sec, et souvent avec des vents soulevant de la poussière, les feux de brousse sont fréquents.
Les quantités annuelles parfois très importantes, comme en Asie des Moussons ne doivent pas cacher que l’hiver est sec. Ces milieux, surtout en Asie du Sud-Est, peuvent être parcourus par des cyclones tropicaux parfois dévastateurs. La période sèche peut être très chaude, en particulier avant le passage du soleil au zenith.
Bamako, 12°40 N, 337 m. Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 25,5 | 28,0 | 30,9 | 32,4 | 31,9 | 29,1 | 26,9 | 26,0 | 26,6 | 27,8 | 27,2 | 25,4 | 28,1 |
| 1 | 0 | 3 | 15 | 60 | 145 | 251 | 334 | 220 | 58 | 12 | 0 | 1099 |
Les intensités de pluie, en été, peuvent être très fortes et être un agent d’érosion remarquable.
Dominante : la saison sèche (estivale en climat
méditerranéen, et hivernale en climat tropical) s’étend au point de
durer 8 à 10 mois. Il s’agit de milieux de transition entre le désert
(12 mois de saison sèche) et les milieux plus humides : savane à
climat estival pluvieux côté tropical, ou forêt (ou formation
arbustive) méditerranéenne à été sec, côté tempéré.
Le vent peut devenir un agent d’érosion temporaire, du fait de la végétation steppique peu couvrante.
Localisation : climat sec de transition plutôt en façade ouest des continents, du moins aux latitudes subtropicales. En kaki sur la carte.
Les climats relevant de ce type semi-aride sans hiver froid sont très variés, et sont :
- soit la dégradation sèche du climat tropical à saison sèche
hivernale, au sud du Sahara, par exemple, ou encore au nord du Kalahari
et du désert australien ;
- soit la dégradation sèche du climat méditerranéen à saison sèche
estivale, au nord du Sahara, du Mexique, au sud du désert australien,
ou encore à l’Est de la Méditerranée, jusqu’en Iran.
La différence étant que la courte saison des pluies permettant
d’entretenir une faible végétation, se produit à des moments opposés
selon les cas. De plus, on notera des nuances thermiques, les
« côtés » méditerranéens connaissant un hiver nettement plus
marqué que la face tropicale.
Ici l’irrégularité règne dans la distribution pluviométrique. Il y a une saison des pluies courte, et très variablement arrosée, tout en respectant les grandes périodes saisonnières (pas de pluie l’été au sud du Maghreb). Les averses sont souvent courtes, mais aussi brutales, le caractère convectif est souvent marqué.
Marrakech, 31°37 N, 466 m. Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 11,5 | 13,4 | 16,1 | 18,6 | 21,3 | 24,8 | 28,7 | 28,8 | 25,4 | 21,2 | 16,5 | 12,5 | 19,9 |
| 28 | 29 | 32 | 31 | 17 | 7 | 2 | 3 | 10 | 21 | 28 | 33 | 241 |
Bien que faibles par leur cumul, les pluies de ces régions peuvent être très érosives du fait de fortes intensités, même si leur durée est courte. Les alternances de sens des migrations verticales dans le sol signalées en climat méditerranéen sont ici accentuées pour ce qui concerne les remontées capillaires.
Dominante : l’été est la saison sèche, chaude ; les hivers sont doux malgré quelques irruptions froides possibles (Europe).
Localisation : climat tempéré de transition (« subtropical ») en façade ouest des continents. En rouge sur carte. Extension maximale en Europe autour de la Méditerranée (sauf en Libye et Egypte). Présence aussi au centre du Chili, en Californie, à l’extrême Sud-Ouest de l’Afrique et en Australie (façades SW).
La seule réelle mais très forte originalité de ce climat est la sécheresse estivale marquée, au moment où les plantes ont besoin d’eau, car les températures estivales sont chaudes du fait de la latitude, surtout loin de la mer. Cette absence de pluie estivale est due à la persistance synchrone de hautes pressions s’opposant aux ascendances pluviogènes.
Les précipitations présentent un cumul annuel très variable, pouvant atteindre 1000 mm (toujours avec un été sec), et qui, dans l’autre sens, fait passer dans le monde semi-aride vers 250 mm environ. Leur régime est le plus souvent unipolaire, avec un maximum d’hiver presque partout sauf sur la bordure nord-méditerranéenne où il y a un maximum principal d’automne et un secondaire de printemps. Dans ce dernier cas, les pluies les plus intenses ont lieu classiquement de septembre à novembre, favorisées par la chaleur de la mer qui est capable de fournir de grandes quantités de vapeur d’eau soulevées par la vigueur du cyclonisme du début de saison froide, la convection et l’orographie.
Les intensités peuvent être très fortes, les quantités quotidiennes attachées aux durées de retour centennales dépassant 200 à 300 mm dans beaucoup d’endroits. Les orages stationnaires méditerranéens sensu stricto sont en effet capables de générer de très forts abats d’eau. Si leur stationnarité n’est pas encore bien comprise, leur génèse est assez bien connue: fort cyclonisme à l’avant de talwegs ou de gouttes froides + soulèvement orographique (Cévennes ou Apennin ligure en flux de S) + convection (air chaud en basses couches, air froid en altitude, souvent surplombant du fait du relief encadrant la mer.
Sur le versant maghrebin, c’est en hiver, lors des plus vigoureuses descentes de N sur une mer encore tiède (le minimum est atteint en mars), que se produisent ces forts abats.
Barcelone, 41°21 N, 93 m. Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 9,4 | 9,9 | 12,3 | 14,6 | 17,7 | 21,6 | 24,4 | 24,2 | 21,7 | 17,4 | 13,6 | 10,2 | 16,4 |
| 30 | 40 | 53 | 45 | 54 | 40 | 30 | 47 | 79 | 77 | 54 | 49 | 598 |
Le régime contrasté de l’eau dans le sol produit durant la saison sèche des remontées de l’eau dans le sol, et des sels et minéraux associés, ce qui tend à produire des dépôts de surface, là où se place l’évaporation, et donne dans les cas extrêmes des étendues salées (sebkras, chotts…). Inversement, les pluies de saison humide lessivent le sol, mais ce dernier est vite saturé (sols souvent minces, de surcroît), et le surplus ruisselle. L’érosion est donc l’une des constantes des régions méditerranéennes où beaucoup de sols sont squelettiques ou ont été décapés, laissant la roche à nu, ce qui ne facilite pas la reconquête végétale. La végétation est peu dense dans les garigues (marnes et calcaires ne retenant pas l’eau), et plus couvrante avec les maquis sur sols siliceux.
Les incendies de forêt estivaux, suivis quelques semaines plus tard de fortes pluies offrent une situation idéale à l’érosion puisque toute protection du sol a disparu…
Dominante : saisons thermiques modérément marquées, précipitations toute l’année. Agriculture facile.
Localisation : distribution zonale (tempérée), façade ouest des continents. En bleu sur la carte. Extension maximale en Europe où le relief est zonal (méridien en Amérique de l’Ouest).
La position en façade ouest des continents aux latitudes tempérées, soumet ces régions à un flux statistiquement dominant d’W à SW, donc provenant de l’océan. Les hivers sont donc particulièrement doux (surtout en comparaison des climats de façade orientale des continents à latitude similaire), et les étés modérément chauds, la continentalité accroissant néanmoins les amplitudes saisonnières quand on se dirige vers l’E.
Les précipitations sont essentiellement liées aux perturbations tempérées d’origine atlantique pour la plupart, par endroit renforcées par les effets orographiques (Préalpes, versant lorrain des Vosges, versant ouest des Alpes scandinaves, façades pacifique chilienne et nord américaine …). Elles se produisent en toutes saisons, et la part convective de la pluviogénèse augmente vers l’est en Europe, et en été.
Les totaux annuels sont parfois peu élevés (500-500 mm en Ile de France) mais sans stress hydrique majeur des plantes, l’été n’étant pas sec, en moyenne. Avec le relief, les cumuls annuels peuvent dépasser 2000 mm.
Le rythme des pluies n’est pas calqué sur les alternances nuit-jour, mais sur la périodicité des perturbations qui se succèdent avec un balancement saisonnier latitudinal, entrecoupé de moments anticycloniques plus ou moins durables (souvent 3-4 jours).
Omaha, 41°N, 350 m. Source : Viers.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
| -5,8 | -4,3 | 2,7 | 10,7 | 16,9 | 22,2 | 25,0 | 23,8 | 19,0 | 12,2 | 3,6 | -2,7 | 10,3 |
| 17 | 23 | 34 | 71 | 102 | 120 | 101 | 81 | 76 | 59 | 28 | 23 | 734 |
Les cumuls de pluie sont généralement modérés en plaine, et les intensités plutôt faibles en plaine (rarement plus de 20-30 mm/jour). Quelques orages estivaux peuvent donner des intensités capables d’érosion.
Dominante : climat tempéré continental, à saisons contrastées. Domaine de la prairie, initialement.
Localisation : centre de l’Amérique du Nord, Ukraine, Russie.
Climat à forte amplitude thermique saisonnière. Hiver froid avec de fortes gelées, été chaud.
Régime continental des précipitations (maximum d’été) mais même en été, elles peuvent être insuffisantes pour permettre une bonne croissance des arbres, et leur variabilité est forte. La prairie dominait initialement avant la mise en cultures
Les hivers sont assez secs, et les précipitations se produisent surtout en été avec la convection (orages), et l’alimentation d’air humide (USA surtout, en provenance du golfe du Mexique). Intensité pouvant être forte. L’accroissement de la continentalité se traduit pas une diminution des pluies et par une baisse du recouvrement végétal : la prairie se transforme en steppe (non traitée ici, et différente de la steppe chaude ou subtropicale, type 3). Omaha (ci-dessous) est la version humide du type.
Bruxelles - (Uccle), 50°48 N, 104 m. Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| -5,8 | -4,3 | 2,7 | 10,7 | 16,9 | 22,2 | 25,0 | 23,8 | 19,0 | 12,2 | 3,6 | -2,7 | 10,3 |
| 17 | 23 | 34 | 71 | 102 | 120 | 101 | 81 | 76 | 59 | 28 | 23 | 734 |
Les hivers, froids, favorisent l’accumulation de matière organique et la création de sols de type Chernozem. Les pluies d’été sur des sols à recouvrement parfois modéré peuvent avoir un fort effet érosif, ainsi que le vent (dust bowl).
Dominante : Climats de façade Est de continents de l’hémisphère Nord tempéré, faisant face, de l’autre coté de l’océan, au climat océanique (type 5). Saisons contrastées et précipitations abondantes.
Localisation : Nord-Est de la Chine et des Etats-Unis.
Hivers froids, pouvant être neigeux (Amérique surtout), et précipitations abondantes pendant l’été qui n’est pas très chaud, d’où une végétation originale forestière variée et dense, mixte surtout en transition au nord avec la Taïga.
Les précipitations peuvent être importantes en toute saison par l’intervention de perturbations, l’océan étant moins distant que pour le type 6. Le maximum est généralement estival. L’hiver est souvent rigoureux et durable, et des tempêtes de neiges sont possibles, mais la dominante est le froid sec, avec des vents continentaux.
Maniwaki (Québec, Canada), 46°10 N. Source : Estienne et Godard.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| -12,4 | -11,3 | -4,7 | 4,1 | 11,8 | 17,3 | 19,6 | 18,3 | 13,3 | 6,1 | -0,9 | -9,7 | 4,3 |
| 59 | 46 | 51 | 61 | 63 | 85 | 95 | 79 | 91 | 68 | 66 | 63 | 827 |
La forte couverture végétale forestière (si elle n’est pas remplacée par des cultures) protège le sol de pluies pouvant être intenses en été (flux de sud humides et chauds, mais peu durables). Accumulation hivernale de matière organique (froid).
Dominante : Climats subtropicaux de transition : l’hiver encore marqué, mais été tropical humide.
Localisation : Sud-est des USA et de la Chine.
Du fait de la position orientale, l’hiver (vents continentaux de N à NW) est encore froid, malgré la latitude assez basse. Le décalage latitudinal pour une même moyenne du mois le plus froid, par rapport aux façades W, dépasse 15°… L’été est véritablement tropical humide, souvent étouffant, touché en Chine par le flux de mousson de S à SE, et les pluies sont abondantes, avec des passages de cyclones tropicaux. Ce type est plus chaud que le précédent en toutes saisons, et plus arrosé.
Pluies souvent très abondantes l’été et en automne (passages cycloniques).
Changhaï, 31° N. Source : Viers.
Température (en degrés C°) et pluviométrie (en mm) mensuelles moyennes.
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | An |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3,1 | 4,1 | 7,8 | 13,4 | 18,6 | 23,0 | 26,9 | 26,8 | 22,8 | 17,5 | 11,1 | 5,6 | 15,1 |
| 51 | 58 | 89 | 94 | 89 | 185 | 153 | 144 | 113 | 82 | 53 | 35 | 1146 |
Pluies parfois très intenses, fort pouvoir érosif et de saturation des sols pour les mouvements de masse. Fort lessivage.