logo de l'UNT UOH logo de l'UNS

Anthropologie visuelle et techniques du corps

-

Le corps au travail

 

Aucun extrait de film dans ce chapitre

 

C) L’approche filmique

2. Méthodologie

2.2. L’observation et la description filmiques

Toute enquête filmique de terrain repose en premier lieu sur l’observation et la description du réel.

Si l'on admet que l'ethnologue-cinéaste observe et décrit, de quelle observation s'agit-il et que décrit-il le plus aisément? Telles sont les premières questions que l'on est en droit de se poser. viii

L’un des principes essentiels de l’enquête filmique est avant tout de ne pas dissimuler le tournage et la présence de l’anthropologue-cinéaste.

Ayant constamment en vue le cas où les personnes filmées ont conscience de la présence avouée de l'observateur cinéaste, nous admettons d'emblée l'hypothèse selon laquelle l'observation de l'ethnologue-cinéaste se distingue radicalement de celle du naturaliste, soucieux de se dissimuler. (…) Autrement dit, l'observation de l'ethnologue-cinéaste, même la plus distante, est toujours «participante».ix

L’observation se veut avant tout respectueuse de l’autre.

2.2. L’observation et la description filmiques (suite)

Au point de départ de l’observation filmique il y a les aspects sensibles des activités étudiées, les apparences des choses.

Tout d'abord existent les gestes, les postures, les comportements des êtres et les éléments du milieu avec lesquels ils entrent concrètement en relation, dans l'espace et dans le temps. C'est ce qu'appréhende le plus directement l'outil d'enregistrement cinématographique, et ce que montre l'image. Mais ce montré sert également à l'expression des représentations mentales, valeurs, structures, fonctions ou significations, toutes choses qui appartiennent à l'univers du non sensible. x

L’un de points forts de l’usage du film en anthropologie est de permettre une observation réitérée des enregistrements. L’analyse fine de certains aspects des activités filmées, notamment les techniques du corps, ne peut être menée à bien que par leur observation différée à partir des images. L’observation et l’analyse réitérées des enregistrements peut être encore approfondie en la partageant avec les personnes filmée.

2.2. L’observation et la description filmiques (suite)

Au cours de l’observation filmique prend forme la description qui se construit progressivement au tournage pour s’achever au montage. La description s’attache aux manières de faire, de vivre et de s’exprimer des personnes filmées, telles qu’elles prennent forme au sein de la rencontre avec l’anthropologue-cinéaste.

Cependant il ne faudrait pas croire que l'acte de décrire soit désindividualisé, dépersonnalisé ou déshumanisé. En filmant, le chercheur est tout entier présent derrière la caméra. C’est un homme total qui observe d'autres hommes. On a donc affaire à une coopération, où chacun se donne entièrement avec son intelligence, son savoir, sa passion. (...) Le chercheur-cinéaste s'expose par sa manière d'observer, de filmer, par le choix de ses sujets, la façon de les mettre en scène. C est ainsi que l'on retrouve dans tout film anthropologique des aspects de la personnalité du cinéaste, comme de son style propre.xi

L’enregistrement et l’analyse différée de l'activité sur l’image favorisent d'une part la découverte des différents aspects composant l'activité observée, d'autre part la mise au point d’une stratégie de mise en scène pour l’ensemble du film.

suite dans le chapitre suivant... →