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Anthropologie visuelle et techniques du corps

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Le corps au travail

 

Aucun extrait de film dans ce chapitre

 

B) Le corps au travail (suite)

3. Le corps dans l’espace et le temps

L’espace et le temps sont de toute évidence deux coordonnées indissociables du réel, séparables seulement pour le but de l’analyse. En effet, comme on le verra dans la partie C) 1.2, l’anthropologue-cinéaste est à tout moment confronté à une délimitation spatio-temporelle.

Les catégories d’analyse que l’on peut appliquer pour appréhender les articulations spatiales des activités trouvent leur correspondance dans celles relatives aux articulations temporelles.

Au cours de l'observation différée, et répétée, des activités domestiques filmées par Annie Comolli (La Petite ménagère, La Toilette) et par nous-même (Laveuses), il nous est apparu qu'un même modèle d'analyse pouvait être appliqué aux formes de déroulement d'un procès (temps) et à ses formes de déploiement (espace). Les traits de contiguïté et d'intervalle, nécessaires ou contingents, que nous avions relevés à propos de l'agencement des différents aspects d'un procès dans l'espace, possédaient en effet leurs équivalents temporels : la consécution immédiate et la pause, nécessaires ou contingentes, entre les phases successives d'une activité quotidienne ou cérémonielle. Le bien-fondé de cette démarche nous fut confirmé lors de l'analyse de nombreux films consacrés à des rites, parmi lesquels figure la longue série des documents consacrés par Jean Rouch aux fêtes soixantenaires du Sigui chez les Dogon entre 1967 et 1973. De toute évidence, les problèmes posés au cinéaste par l'appréhension de l'espace et par celle du temps, étaient analogues.i
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